Qu’est-ce que le risque inondation ?

Au cours de son cycle, un cours d’eau connaît naturellement des périodes d’étiage (lorsque le niveau d’eau dans le lit mineur est bas du fait d’un déficit pluviométrique par exemple) et de crue (lorsque le débit augmente du fait de la pluie tombée sur le bassin versant s’écoulant en surface ou vers la nappe souterraine). La crue d’un cours d’eau est un phénomène naturel. C’est ce que l’on appelle l’aléa.

Sur le territoire du PAPI RLA, l’écoulement de la Seine peut également être influencé par les tempêtes et par des coefficients de marée important. Il peut se produire des débordements sans que cela ne soit dû à l’augmentation du débit provenant de l’amont.

En ce qui concerne la pluie qui tombe sur le sol et qui vient à ruisseler : il s’agit également d’un aléa pouvant provoquer des inondations importantes sur le territoire du PAPI RLA. Cet aléa est qualifié de phénomène naturel. Cependant, il peut être influencé par des facteurs anthropiques dus à l’aménagement du territoire, à l’imperméabilisation des sols et aux pratiques culturales. Les dommages causés par les ruissellements peuvent être moindres que ceux provoqués par les débordements de cours d’eau, notamment du fait qu’ils sont généralement moins étendus. Toutefois, ce phénomène reste dangereux : la force, la vitesse des écoulements, et l’effet de surprise ont provoqué plusieurs décès sur le territoire du PAPI RLA.

La remontée de nappe est également un phénomène naturel (aléa) présent sur le territoire du PAPI.

Le risque inondation – qualifié de risque naturel – est la combinaison entre ces aléas (phénomènes naturels) et la présence d’enjeu sur les zones soumises à l’aléa.

Le PAPI RLA traite des risques inondation par débordement de cours d’eau, par ruissellement et par remontée de nappe. Il existe d’autres types d’inondation (par submersion marine, par saturation des réseaux) mais ils ne sont pas intégrés dans le programme.

On parle de risque majeur lorsque les dommages peuvent être particulièrement importants et qu’ils concernent un grand nombre de personnes ou un territoire étendu. Les risques majeurs sont des événements d’origine naturelle ou technologique qui peuvent toucher l’ensemble de la population et nos territoires. Ils peuvent porter atteinte à des enjeux humains, économiques et environnementaux.

Exemple :

  • Un cours d’eau qui déborde en pleine campagne dans une zone non habitée n’est pas un risque majeur. Au contraire, ces débordements dans des zones sans enjeux sont bénéfiques et naturels au sein du cycle de l’eau.
  • Un cours d’eau qui déborde de façon généralisée comme ce peut être le cas de la Seine, dans la Vallée Normande fortement industrialisée et habitée est un risque majeur.

Les causes et les types d’inondations

Les types d’inondations

Il existe trois grands types d’inondations sur le territoire du PAPI Rouen-Louviers-Austreberthe :

1. Par débordement d’un cours d’eau

Le cours d’eau est en crue, sort de son lit mineur et vient envahir son lit majeur où peuvent se trouver des enjeux (activités humaines).

Les inondations peuvent également être liées à la combinaison d’autres phénomènes. Sur la partie aval de la Seine (depuis le barrage de Poses jusqu’à la mer), l’association des conditions météorologiques (vent, pression, pluviométrie importante, etc.) et océaniques (coefficient de marée élevé, phénomène de surcote) pendant une longue durée sont la plupart du temps les causes des inondations sur cette partie du territoire.

Deux types de phénomènes peuvent être observés :

Les inondations de plaine, dans la vallée du cours d’eau (phénomène lent) : par exemple c’est le cas de la Seine, qui connaît des évènements avec des cinétiques lentes.
Les inondations torrentielles, dans les zones où le relief est plus marqué (phénomène rapide) : par exemple l’Austreberthe dont les évènements sont plutôt à cinétique rapide.

Sur le territoire du PAPI, l’ensemble des cours d’eau a déjà connu des débordements significatifs pour la population : la Seine, et ses affluents l’Eure (et son affluent l’Iton), l’Andelle, le Cailly, l’Aubette-Robec, l’Austreberthe-Saffimbec, l’Oison.

2. Par ruissellement

Lorsque des précipitations intenses tombent sur un bassin versant, les eaux (qui ne peuvent pas ou plus s’infiltrer dans le sol) ruissellent et se concentrent rapidement aux points topographiquement bas. Ces ruissellements, s’ils rencontrent des biens (bâtiment), équipements (route) et activités humaines, sont alors à l’origine d’inondations.

Sur le territoire, les risques d’inondations par ruissellement sont fréquents en Seine-Maritime, du fait d’une pluviométrie annuelle moyenne importante et du caractère limoneux des sols (formation d’une croûte de battance). Le risque d’inondation par ruissellement existe également dans le Département de l’Eure, notamment lors des épisodes orageux à l’origine d’une pluviométrie intense.

Des inondations par ruissellement peuvent aussi se produire lors des longues pluies hivernales, lorsque le sol est saturé d’eau du fait de la pluviométrie tombée abondamment les jours précédents. Ce fut notamment le cas le 22 janvier 2018.

3. Par remontée de nappe

Lorsque des périodes pluvieux se succèdent, le niveau des nappes peut devenir très haut jusqu’à atteindre la surface du sol. Ce phénomène est très lent et peut durer plusieurs mois.

Sur le territoire du PAPI, on trouve les zones soumises aux remontées de nappes dans les vallées de la Seine et de l’Eure notamment. Ce phénomène est plus méconnu car moins étudié.

Les facteurs aggravants des inondations

Bien que les inondations soient issues de phénomènes naturels, plusieurs facteurs contribuent à les intensifier. Il existe aussi bien des facteurs naturels que des facteurs humains :

  • Naturels : La topographie, La nature des sols et la forme du réseau hydrographique (ensemble des cours d’eau)
  • Humains : L’aménagement du territoire, l’imperméabilisation des sols, les pratiques culturales.

Le Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) atteste que les conséquences du changement climatique, telles que l’élévation du niveau de la mer, l’intensification des intempéries et l’augmentation de la fréquence des événements météorologiques extrêmes, favorisent également la survenue d’inondations.

D’après le diagnostic global de vulnérabilité aux inondations réalisé entre 2022 et 2023 sur l’ensemble du territoire du PAPI RLA (voir la carte ci-contre), 35 000 personnes vivent en zone inondable par débordement de cours d’eau (pour un évènement de probabilité d’occurrence centennale) et 20 000 autres vivent en zone inondable par ruissellement (aux abords des axes de ruissellement).

Outre les impacts directs des inondations dans les zones inondables, la population peut également être impactée par des effets indirects issus notamment de la fragilité électrique : coupure d’électricité, perturbations de la distribution en eau potable et de l’assainissement des eaux usées. La coupure d’axes de communication (voiries) est également un effet indirect pouvant être fortement impactant.